Caméra thermique et chasse : ce que dit la loi
Pendant des années, sortir une caméra thermique pendant une battue vous mettait hors la loi, même tenue à la main. Depuis l’été 2025, la règle a changé, mais seulement pour ce que vous tenez dans la main. Sur l’arme, rien n’a bougé.
À jour au 24 septembre 2026. Cette page résume les textes à titre d’information et ne constitue pas un conseil juridique. Les règles peuvent évoluer et varier localement : avant la saison, faites confirmer votre situation par votre fédération départementale des chasseurs.
Le texte de référence : l’arrêté du 1er août 1986
En France, les moyens de chasse autorisés sont fixés par l’arrêté du 1er août 1986 relatif aux procédés de chasse. C’est lui qui dit quelles armes, quelles munitions et quelles aides électroniques un chasseur peut employer. Pendant longtemps, sa logique est restée simple : un appareil qui permet de voir la nuit, par la chaleur ou par l’amplification de la lumière, n’avait rien à faire à la chasse.
Un arrêté du 30 juillet 2025 a modifié la liste des aides électroniques autorisées. C’est ce texte qui explique pourquoi une question qui recevait un « non » ferme il y a deux saisons reçoit aujourd’hui une réponse nuancée.
Ce qui a changé en 2025
Cette modification ouvre la chasse aux monoculaires et jumelles thermiques tenus à la main. Deux usages sont visés : observer le gibier et contrôler après le tir, typiquement pour retrouver un animal touché. Concrètement, vous pouvez désormais balayer une plaine depuis un mirador avant de décider d’une approche, ou vérifier qu’un sanglier tiré en lisière est bien tombé là où vous le pensez. Les jumelles relèvent du même régime que les monoculaires, et notre guide des jumelles thermiques présente cette seconde famille, plus reposante lors d’un long affût.
Avant ce changement, les consignes de l’OFB diffusées en 2024 interdisaient l’appareil thermique pendant l’action de chasse, même tenu à la main. Seules étaient tolérées l’observation en dehors de la chasse et la recherche au sang sans port d’arme. Beaucoup d’articles encore en ligne reprennent cette version : ils ne sont pas faux sur l’histoire, ils sont simplement périmés. Pour l’usage après le tir, notre guide sur la thermique pour la recherche au sang détaille ce que l’appareil apporte, et ce qu’il ne remplace pas.
Ce qui reste interdit : tout ce qui se fixe sur l’arme
La nouveauté s’arrête à la main. Reste interdit pour la chasse tout appareil thermique ou à intensification de lumière fixé sur une arme :
- les lunettes de tir thermiques, comme l’AGM Rattler, seule lunette de tir de notre sélection, dont notre avis sur l’AGM Rattler V2 rappelle les limites d’usage ;
- les modules clip-on qui se montent devant une lunette de jour pour la transformer en visée thermique ;
- les appareils à intensification de lumière montés sur l’arme, même logique, même interdiction.
Une seule exception a été ajoutée : les caméras d’enregistrement du tir, du type Shotkam, de moins de 15 cm, fixées sous le canon et déclenchées par le tir. Elles filment, elles ne servent pas à viser. Cette frontière entre l’appareil qu’on tient et celui qu’on monte est au cœur de notre guide monoculaire ou lunette de visée.
Les cadres particuliers
La lunette de tir thermique n’a pas disparu du paysage français, elle est cantonnée à des cadres précis :
- les lieutenants de louveterie, dans le cadre de leurs missions ;
- les tirs administratifs et de régulation ordonnés par le préfet, par exemple face aux dégâts de sangliers ;
- la Moselle, où un arrêté préfectoral a autorisé le tir de nuit du sanglier à la lunette thermique de la mi-décembre à la mi-avril. Cette décision a été contestée en justice par l’association One Voice : ne la considérez pas comme acquise d’une saison à l’autre.
L’Alsace-Moselle vit en outre sous un droit local de la chasse qui lui est propre. Si vous êtes convié à une opération de régulation, ce sont les termes de l’arrêté qui l’organise qui disent quel matériel est admis, et pour qui. La présence d’une lunette dans votre coffre ne vous donne aucun droit particulier.
Posséder n’est pas chasser
Acheter ou posséder une lunette de tir thermique n’est pas en soi une infraction. C’est son utilisation pour chasser qui l’est, et elle expose à une amende et à la saisie du matériel. Autrement dit, la bonne question n’est pas « ai-je le droit de l’acheter ? », mais « dans quel cadre ai-je le droit de m’en servir ? ». Pour la grande majorité des chasseurs en France, la réponse est : aucun.
Les non-chasseurs ne sont pas concernés par ces restrictions. Observer la faune la nuit avec un monoculaire thermique à la main est légal, à condition de ne pas déranger les espèces protégées et de respecter le règlement des réserves naturelles, qui peut limiter l’accès nocturne. Nos conseils pour observer la faune la nuit commencent justement par là.
Belgique, Suisse, Luxembourg : d’autres règles
Ce site s’adresse aussi aux lecteurs belges, suisses, luxembourgeois et monégasques, alors soyons clairs : la réforme de 2025 ne s’applique qu’en France. En Belgique, la chasse relève des régions ; en Suisse, des cantons. Les règles sur les appareils thermiques y diffèrent, parfois nettement d’un canton ou d’une région à l’autre. Renseignez-vous auprès de l’administration ou de la fédération de chasse compétente avant d’emporter un appareil de l’autre côté de la frontière.
Quel appareil choisir pour rester dans les clous
Si vous chassez en France, le choix logique est un monoculaire tenu à la main. C’est précisément ce que nous avons retenu comme meilleure lunette thermique : le TOPDON TS004, présenté en détail dans notre choix, un monoculaire de 256 × 192 pixels natifs qui tient une longue soirée et n’a rien à faire sur un rail. Si votre budget le permet, l’AGM Taipan TM15-384 offre une image plus fine et le champ le plus large de notre sélection, dans le même cadre légal. Et si vous hésitez encore entre la chaleur et l’infrarouge classique, notre comparatif thermique ou vision nocturne vous aidera à trancher avant d’acheter.
Le monoculaire qui reste dans la main
Le TOPDON TS004 se tient à la main, repère un animal à plusieurs centaines de mètres et tient 11 h selon le fabricant : exactement l’usage que l’arrêté de 2025 autorise aux chasseurs.